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Je reviens du Japon… et je crois que ce voyage m’a rappelé une vérité que j’avais un peu oubliée.

Je reviens de trois semaines au Japon.

Et, curieusement, ce ne sont pas les temples, Tokyo  ou les ruelles de Kyoto qui occupent le plus mes pensées aujourd’hui. Je repense plutôt aux journées de 25 000 pas sous une chaleur écrasante, aux billets de train qu’il fallait réserver, aux conversations où personne ne parlait anglais, aux moments où les enfants étaient fatigués… et où nous l’étions tout autant. Bref, je repense à la vraie vie d’un voyage au bout du monde.

Et pourtant, si on me demandait aujourd’hui si je repartirais demain matin, je répondrais oui, sans hésiter.

Parce que je sais déjà ce qu’il restera de ce voyage dans quelques mois. Je ne me souviendrai plus vraiment des kilomètres parcourus ni de la fatigue accumulée. Je me rappellerai surtout de nos éclats de rire, de la douceur des temples au petit matin, de la gentillesse infinie des Japonais et de cette sensation si particulière d’avoir vécu quelque chose d’important tous les quatre.

Avant même de partir, je savais pourtant que ce voyage ne serait pas simple : quatorze heures d’avion avec un mari qui déteste voler, une langue que nous ne parlions pas, un pays immense qui oblige à faire des choix et à renoncer à mille autres envies. Trois semaines ensemble, vingt-quatre heures sur vingt-quatre. Tout cela faisait partie du voyage.

Je crois que, pendant longtemps, j’aurais cherché à rendre cette aventure plus confortable. J’aurais voulu tout anticiper, construire l’itinéraire parfait, limiter les imprévus. Cette fois, j’ai fait quelque chose qui ne me ressemble pas tant que cela : j’ai demandé de l’aide.

D’habitude, c’est moi qui organise entièrement nos vacances. J’aime cette phase de préparation, c’est un nouveau projet pour moi : lire, comparer, construire un itinéraire, trouver les bonnes adresses… Cela fait presque partie du voyage. Mais le Japon me semblait trop vaste, trop complexe. Alors j’ai accepté que des gens qui connaissaient infiniment mieux le pays que moi nous accompagnent dans cette préparation.

Et tu sais quoi ? Je ne me suis pas sentie moins compétente. Je me suis sentie plus libre.

Plus libre de vivre pleinement le voyage, au lieu d’essayer d’en maîtriser chaque détail.

Et puis, il y a aussi eu tous ces petits renoncements. Ne pas faire cette excursion dont je rêvais parce qu’il faisait quarante degrés et que tout le monde était au bout du rouleau. Accepter que le repas commandé ne ressemble pas du tout à ce que j’avais imaginé. Rentrer plus tôt certains soirs. Laisser tomber l’idée de « tout voir ».

Pendant longtemps, j’aurais probablement considéré ces moments comme des imperfections. Aujourd’hui, je crois au contraire qu’ils font partie de l’expérience. Ils lui donnent sa texture, son relief. Ils nous obligent à ralentir, à nous écouter davantage, à prendre soin les uns des autres.

En rentrant, je me suis rendu compte que cette expérience ressemblait beaucoup à la manière dont nous construisons nos vies.

Nous rêvons souvent d’une vie plus alignée, plus riche, plus audacieuse. Nous voulons changer de travail, lancer un projet, partir à l’autre bout du monde, écrire un livre, apprendre une langue, reprendre des études… Mais, au fond, nous aimerions que tout cela se déroule sans inconfort. Sans fatigue. Sans doute. Sans imprévus. Comme si l’inconfort était le signe que nous nous étions trompées.

Je crois aujourd’hui exactement l’inverse.

Les projets qui comptent vraiment demandent presque toujours une part d’inconfort. Ils nous obligent à demander de l’aide, à lâcher un peu le contrôle, à accepter que tout ne sera pas parfait, à découvrir des ressources que nous ne soupçonnions pas.

Finalement, ce voyage m’a surtout rappelé une vérité que j’avais parfois tendance à oublier : les plus belles expériences de nos vies ne sont pas celles qui nous évitent l’inconfort. Ce sont celles qui nous donnent une raison suffisamment forte pour accepter de le traverser.

Et je crois que c’est souvent ainsi, presque sans s’en rendre compte, que l’on commence à construire une vie qui nous ressemble vraiment.

BlissBizz

Arli

PS : Une vie qui nous ressemble ne se construit pas en un seul grand changement. Elle se construit, comme ce voyage, à travers une multitude de petits choix, parfois inconfortables, mais profondément alignés. C’est précisément ce que nous travaillons dans B. Everything, notre programme que nous relançons en septembre. Si tu as envie d’en savoir plus, écris-nous. Nous serons ravies d’échanger avec toi. 💛

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