J’ai la gorge bien serrée, mais les pieds bien ancrés.

Ce n’est pas encore mon dernier jour chez CureVac. Mais cette semaine, j’ai probablement effectué mon dernier voyage dans nos bureaux allemands. Et je dois avouer que je n’avais pas tout à fait anticipé ce que j’allais ressentir.

Ces quelques jours ont été de véritables montagnes russes émotionnelles. Le plaisir de retrouver des collègues avec lesquels j’ai partagé tant de projets, les conversations animées autour d’un dîner d’équipe, les rires, cette complicité qui s’est construite au fil des années. Et puis, presque sans prévenir, la gorge qui se serre, les yeux qui s’embuent au moment de dire au revoir à certaines personnes, en sachant que nous ne nous reverrons probablement plus dans ce contexte. Ou lorsqu’un collègue vous confie, avec une sincérité désarmante, combien il a apprécié travailler avec vous.

Je ne suis pourtant pas quelqu’un qui s’attarde facilement sur les fins (c’est sans doute trop difficile pour moi) . J’ai plutôt tendance à regarder devant moi, à chercher la prochaine étape, le nouveau projet, ce qui reste à construire. Mais cette fois, les choses sont un peu différentes. Parce que ce n’est pas simplement moi qui quitte une entreprise, c’est toute une organisation qui s’apprête à disparaître : des équipes, des habitudes, des projets, des relations professionnelles qui ont parfois occupé une place considérable dans nos vies. Et chacun traverse cette période à sa manière, avec ses propres inquiétudes, ses déceptions, ses espoirs aussi.

En discutant avec deux collègues, je leur confiais combien ces dernières semaines me demandaient de l’énergie. Il y a cette nécessité de clôturer un chapitre professionnel auquel j’ai consacré plusieurs années, tout en préparant activement le suivant. Et puis il y a cette responsabilité que je ressens envers mes équipes. J’ai envie de rester présente, disponible, attentive à ce que chacun traverse. J’ai envie de continuer à écouter, à accompagner, à faire avancer ce qui doit encore l’être, même lorsque l’horizon se rétrécit.

Je me surprends parfois à vouloir garder le sourire, à rassurer, à montrer que tout va bien. Le vieux réflexe de celle qui tient la barre. Mais je réalise aussi qu’il n’est pas nécessaire de dissimuler systématiquement ce que l’on ressent pour être un leader sur lequel les autres peuvent compter. Dire qu’une situation est difficile, reconnaître que certains adieux nous touchent, cela n’enlève rien à notre capacité à prendre des décisions ou à soutenir une équipe. Au contraire, je crois que cela peut donner à nos relations une profondeur et une authenticité particulières.

Et pendant que je referme doucement cette porte, une autre commence à s’ouvrir.

J’ai décidé de me lancer comme consultante indépendante. Une décision mûrement réfléchie, qui m’enthousiasme énormément et qui correspond à ce que j’ai envie de construire pour la suite. Mais je ne vais pas vous raconter d’histoires : certains jours, j’ai l’impression de m’apprêter à faire un magnifique saut dans le vide. Un matin, je suis exaltée par les possibilités qui s’offrent à moi. Le lendemain, je me demande très sérieusement dans quoi je suis en train de m’embarquer.

Et parfois, les deux sentiments cohabitent dans la même heure.

Et pourtant, au milieu de toutes ces émotions, je découvre quelque chose d’assez précieux : je me sens profondément confiante. Non pas parce que je sais que tout se passera comme prévu, mais parce que je sais que j’ai les ressources pour faire face à ce qui m’attend. Cette assurance tranquille, je l’ai construite au fil des années, des expériences et d’un travail sur moi-même qui m’a appris à mieux connaître mes forces et à m’appuyer sur elles.

Je n’ai pas moins peur qu’avant, mais j’ai davantage confiance dans ma capacité à faire face à ce qui m’attend. Et je crois que c’est là toute la différence : la confiance ne fait pas disparaître les émotions ou les incertitudes, elle nous permet simplement de ne pas les laisser décider à notre place.

Finalement, vivre une Big Job Big Life, c’est aussi cela : oser avancer vers ce qui compte pour nous, même lorsque nous n’avons pas toutes les garanties.

Et c’est précisément ce que nous explorerons lors de notre prochain workshop Bliss, « Tout ce que tu n’oses pas encore », le 24 novembre à Louvain-la-Neuve.

Pendant deux heures, nous t’aiderons à identifier ce qui te retient encore, dans ta vie professionnelle comme personnelle, à comprendre ce qui se joue derrière tes hésitations et à envisager les premiers pas pour agir autrement.

Si tu sens qu’il est temps de donner un peu plus de place à ce que tu n’oses pas encore, nous serions ravies de t’y retrouver.

Les places sont limitées.

Blissbizz,

Arli